Après trois années de repli, le crédit immobilier signe un net rebond en 2025. La production de prêts à l'habitat repart fortement, soutenue par la stabilisation des taux et le retour progressif des ménages sur le marché. Les banques, désireuses de relancer leurs volumes, ont assoupli leurs conditions et multiplié les offres attractives. Dans ce contexte, les primo-accédants reprennent une place centrale dans la dynamique du marché, tandis que les professionnels tablent sur une poursuite de l'embellie en 2026, malgré un environnement économique incertain.

Une reprise du crédit immobilier après un point bas historique

La Banque de France confirme une hausse de 33 % de la production de crédits immobiliers en 2025, pour un total de 146,5 milliards d'euros de nouveaux prêts à l'habitat, hors renégociations. En décembre, le flux mensuel atteint 12,8 milliards d'euros, un niveau légèrement supérieur à la moyenne de l'année. Ce rebond marque un retournement après le point bas de 2024, année durant laquelle la production avait chuté à 110,1 milliards d'euros, loin des sommets dépassant 200 milliards d'euros observés en 2021 et 2022.

La reprise du crédit dépasse celle du marché immobilier lui-même. En 2025, le nombre de transactions progresse d'environ 10 %, quand la production de prêts bondit de 33 %. Cet écart s'explique par plusieurs facteurs convergents :

  • une volonté affirmée des banques de prêter,
  • des exigences d'apport personnel assouplies,
  • des taux globalement stabilisés,
  • des dispositifs de prêts aidés et à taux bonifiés.

Le recours au crédit redevient la norme. La part des achats financés par emprunt atteint près de 81 % fin 2025, contre 63 % début 2024. Les achats cash, qui avaient progressé lors de la flambée des taux, reculent mécaniquement avec le retour de conditions de financement plus accessibles.

Des taux stabilisés qui redonnent de l'oxygène aux acheteurs

La détente progressive des taux constitue l'un des moteurs de la reprise. Le taux moyen des crédits immobiliers passe de 3,32 % en janvier 2025 à 3,08 % en décembre, hors assurance et frais annexes. Tous frais compris, le taux moyen au quatrième trimestre 2025 atteint 3,85 % pour un emprunt de vingt ans et plus, soit environ 43 500 euros d'intérêts pour chaque tranche de 100 000 euros empruntés sur 20 ans.

Les banques ont ajusté finement leurs grilles tarifaires pour préserver leurs marges tout en relançant la production de crédit. Elles ont également utilisé des prêts à taux bonifiés pour attirer de nouveaux clients. Cette stratégie vise à reconquérir un marché sinistré en 2024 et à capter une clientèle appelée à s'équiper en produits bancaires complémentaires.

Les perspectives restent toutefois contrastées. Si plusieurs établissements ont baissé leurs taux en début d'année, l'Observatoire Crédit Logement/CSA anticipe une remontée progressive : 3,55 % au dernier trimestre 2026 et 3,95 % fin 2027. Le contexte géopolitique, la trajectoire des taux obligataires et la nécessité pour les banques de protéger leurs marges pèsent sur l'évolution future des conditions d'emprunt.

Le retour des primo-accédants relance le crédit immobilier

Le rebond du crédit profite d'abord aux primo-accédants, qui concentrent entre 47 % et 53 % des crédits accordés en 2025, contre 30 à 32 % au début de la décennie. "Le nombre de prêts accordés aux emprunteurs primo-accédants augmente plus rapidement que celui des ventes de logements et des prêts à l'ensemble des emprunteurs (hors renégociations) depuis début 2025", souligne la Banque de France. Les banques ciblent ce public, plus enclin à accepter des durées longues, avec une durée moyenne de 23 ans et 10 mois pour les primo-accédants.

Le redémarrage du crédit s'inscrit dans un marché immobilier encore sous tension. Les besoins en logements neufs restent élevés, avec un déficit structurel estimé à 150 000 constructions par an pour atteindre l'objectif de 400 000 logements annuels. Les dispositifs fiscaux relancés pour l'investissement locatif visent à ramener des investisseurs, même si les effets sur l'offre ne se matérialiseront qu'à moyen terme. Dans l'immédiat, la dynamique du crédit confirme un regain de confiance, porté par des ménages qui arbitrent entre stabilisation des prix, conditions de financement plus favorables et volonté d'accéder à la propriété.



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