Utiliser son téléphone au volant peut désormais entraîner une suspension du permis de conduire partout en France. Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a annoncé cette généralisation au Figaro le vendredi 2 octobre. Une vingtaine de départements appliquaient déjà la mesure. L'amende et le retrait de points restent en vigueur.

Le ministère étend la mesure à tous les départements

Le mardi 29 septembre, Marie-Pierre Vedrenne a adressé une instruction "à l'ensemble des préfets pour leur demander de mettre en place cette suspension administrative". Le dispositif devient ainsi la règle sur tout le territoire national.

Les Landes ont ouvert la voie en novembre 2025. Selon le ministère de l'Intérieur, 300 permis y ont été suspendus durant les premiers mois. D'autres départements ont suivi, dont le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais, la Charente-Maritime, le Vaucluse, l'Ardèche, l'Oise, l'Aisne et les Deux-Sèvres. Au total, une vingtaine de préfectures utilisaient déjà cette sanction.

La ministre défend une même règle pour tous les conducteurs : "l'usage du téléphone n'est pas moins dangereux selon qu'on se trouve sur un territoire ou un autre. Pour qu'une règle soit acceptée, elle doit être claire, lisible et appliquée partout".

Le préfet décide de la durée de la suspension

Le préfet décide et notifie lui-même la suspension. Le conducteur peut toutefois présenter ses observations dans le cadre d'une procédure contradictoire.

"La durée de la suspension sera appréciée par les services préfectoraux selon les circonstances et le parcours du conducteur. Dans les départements qui appliquent déjà cette mesure, la durée retenue est généralement de 15 jours. Elle peut aussi être d'un mois et aller, dans certains cas, jusqu'à six mois", précise la ministre. La suspension peut donc durer de 15 jours à six mois. Marie-Pierre Vedrenne plaide pour "une sanction réelle, mais proportionnée".

Cette mesure s'ajoute aux sanctions existantes. Le conducteur paie toujours une amende forfaitaire de 135 euros et perd trois points sur son permis. "Nous voulons faire comprendre que le téléphone au volant est, à lui seul, un comportement suffisamment dangereux. La cible, c'est vraiment monsieur et madame Tout-le-Monde", insiste la ministre.

Le téléphone multiplie le risque d'accident

Le gouvernement veut freiner une mortalité routière en hausse. Les routes françaises ont fait 3 515 morts en 2025, soit 2,4 % de plus qu'en 2024. L'usage du portable était lié à 24 % des accidents mortels. "On peut devenir auteur d'un accident du jour au lendemain et avoir une mort sur la conscience simplement parce que l'on a voulu envoyer un SMS", rappelle Marie-Pierre Vedrenne.

Les infractions progressent elles aussi. L'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière a relevé 695 360 infractions pour usage du téléphone ou d'oreillettes en 2025. Ce chiffre marque une hausse de 6,7 % par rapport à 2024.

Selon la Sécurité routière, téléphoner au volant multiplie par trois le risque d'accident. Lire un message le multiplie par 23, car le conducteur quitte la route des yeux pendant au moins cinq secondes. Le téléphone reste le "seul dispositif qui cumule les quatre sources de distraction qui peuvent détourner l'attention d'un conducteur" : cognitive, visuelle, auditive et physique.


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