En quelques mois, la France a franchi un cap dans la lutte contre l'usage du téléphone au volant. Depuis le lancement du dispositif dans les Landes à l'automne 2025, plus de 500 permis de conduire ont déjà été suspendus dans les départements pionniers. Ce lundi 15 juin, les Deux-Sèvres deviennent le huitième territoire à adopter cette sanction renforcée, selon les chiffres révélés par RMC.

Une mesure qui s'étend département par département

Avant ces arrêtés préfectoraux, l'infraction se soldait par une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de trois points. Désormais, dans huit départements — les Landes, le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne, la Charente-Maritime, l'Ardèche, le Vaucluse, l'Oise et les Deux-Sèvres, les forces de l'ordre peuvent déclencher une suspension administrative immédiate du permis, sans attendre de décision judiciaire.

La durée varie selon les territoires : jusqu'à un mois dans les Landes, deux mois dans le Pas-de-Calais, et jusqu'à six mois si d'autres infractions accompagnent le constat. La sanction s'ajoute à l'amende et au retrait de points, et inclut une contribution citoyenne de 200 euros versée à une association de victimes de la route.

Les Landes en tête avec 400 suspensions

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Les Landes, département précurseur depuis novembre 2025, cumulent à elles seules près de 400 suspensions. La Charente-Maritime en recense 55 depuis le 1er mai, le Lot-et-Garonne 38, et le Pas-de-Calais 21. Dans les Deux-Sèvres, la première heure de contrôle a suffi à interpeller six conducteurs en infraction, même si le préfet a opté pour quinze jours de prévention avant d'appliquer les sanctions.

"On se doute que la suspension d'un permis ce n'est pas neutre notamment pour les gens qui travaillent. L'objectif est de faire prendre conscience aux automobilistes que la route est un espace partagé et qu'il est impératif d'être concentré et ne pas être distrait par le téléphone", explique Tony Chesnier-Lloyd, directeur de cabinet de la préfecture des Deux-Sèvres.

Un danger sous-estimé malgré les campagnes de prévention

Les chiffres de la dangerosité restent alarmants. Le téléphone est impliqué dans près d'un accident sur dix en France. Lire un SMS au volant multiplie par 23 le risque d'accident.

Jean-Yves Lamant, président de la Ligue contre la violence routière, rappelle les effets concrets : "Quand vous téléphonez au volant, vous avez des temps de réflexe qui sont multipliés par deux. Donc des distances d'arrêt et de réaction qui sont aussi multipliées par deux. Vous avez un champ de vision qui est réduit de 35% et votre attention qui est réduite de 30% y compris lorsque vous téléphonez en Bluetooth."

Pourtant, 80 % des automobilistes reconnaissent encore utiliser leur smartphone en conduisant. La mesure produit néanmoins des résultats tangibles : dans les départements pionniers, les infractions constatées ont reculé de 10 à 25 %. Un effet qui, selon des études américaines, ne tient que si la pression reste constante dans le temps.


Rédacteur spécialisé en assurance, Jordan analyse et vulgarise les termes de l'assurance pour les transformer en informations simples et claires, et vous donner toutes les clés pour choisir la meilleure couverture.


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