Un excès de vitesse reste l'infraction routière la plus fréquemment constatée en France. La sanction encourue dépend uniquement du dépassement retenu par rapport à la vitesse maximale autorisée. Elle prend la forme d'une amende, d'une perte de points, ou d'un délit pour les excès les plus graves. Le cadre légal a changé fin 2025 pour ces excès les plus graves. Les conséquences touchent directement le montant de l'amende, le permis et parfois l'assurance auto.
L'essentiel en 30 secondes
- La sanction dépend uniquement du dépassement constaté par rapport à la vitesse maximale autorisée : de 68 € et 0 point pour moins de 5 km/h de dépassement, jusqu'au délit avec 6 points retirés pour 50 km/h et plus.
- Depuis le 29 décembre 2025, un dépassement d'au moins 50 km/h est un délit pour tout conducteur, même sans antécédent.
- En cas de renvoi devant le tribunal correctionnel pour grand excès de vitesse, la peine peut atteindre 3 750 € d'amende et 3 mois d'emprisonnement avec inscription au casier judiciaire.
- À partir de 40 km/h de dépassement avec interception physique, le permis peut être retenu immédiatement pour 72 heures, suivi d'une possible suspension administrative.
- Une marge technique est systématiquement déduite avant l'établissement de l'avis : 5 km/h ou 5 % pour un radar fixe, 10 km/h ou 10 % pour un radar mobile.
- Un grand excès de vitesse qualifié de délit peut conduire l'assureur à augmenter la prime ou résilier le contrat à l'échéance.
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Quel est le barème des amendes pour excès de vitesse en 2026 ?
Le montant de l'amende et le nombre de points retirés dépendent du dépassement constaté, exprimé en km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée. Ce barème est détaillé sur la fiche Vitesse au volant de Service-Public.fr.
| Dépassement retenu | Amende forfaitaire | Points retirés |
| Moins de 5 km/h | 68 € (hors agglomération) ou 135 € (en agglomération) | 0 |
| De 5 à 19 km/h | 68 € (hors agglomération) ou 135 € (en agglomération) | 1 |
| De 20 à 29 km/h | 135 € | 2 |
| De 30 à 39 km/h | 135 € | 3 |
| De 40 à 49 km/h | 135 € | 4 |
| 50 km/h et plus | délit (voir plus bas) | 6 |
Depuis le 1er janvier 2024, un dépassement inférieur à 5 km/h n'entraîne plus aucun retrait de point. L'amende reste toutefois due dans tous les cas.
Comment est calculée la vitesse retenue par les radars ?
Une marge technique est systématiquement déduite de la vitesse mesurée avant l'établissement de l'avis de contravention. Pour un radar fixe, elle est de 5 km/h si la vitesse mesurée est inférieure ou égale à 100 km/h, et de 5 % au-delà. Pour un radar mobile, cette marge double : 10 km/h ou 10 %. Cette déduction s'applique automatiquement, sans démarche à effectuer.
Montant minoré, forfaitaire ou majoré : quel délai pour payer ?
Trois montants coexistent pour une même contravention, selon la rapidité du paiement. L'amende minorée s'applique en cas de paiement dans les 15 jours suivant l'envoi de l'avis (30 jours en télépaiement). Passé ce délai, c'est le montant de l'amende forfaitaire de référence qui s'applique. Au-delà de 45 jours (60 jours en télépaiement), l'amende est majorée et son recouvrement est confié au Trésor public.
Bon à savoir :
Conserver l'avis de contravention jusqu'au paiement effectif ou à la décision définitive permet de prouver la date d'envoi en cas de désaccord sur les délais.
Le grand excès de vitesse (50 km/h et plus) : un délit depuis le 29 décembre 2025
Un dépassement d'au moins 50 km/h au-dessus de la vitesse maximale autorisée est désormais un délit, quel que soit l'antécédent du conducteur. Jusqu'au 28 décembre 2025, cette infraction était une contravention de 5e classe et ne devenait un délit qu'en cas de récidive.
Cette évolution résulte du décret du 22 décembre 2025, pris pour la mise en œuvre du délit d'excès de vitesse. Il applique la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 créant l'homicide routier. La Sécurité routière justifie ce durcissement par un constat chiffré. En 2024, 63 217 excès de vitesse d'au moins 50 km/h ont été relevés, en hausse de 69 % par rapport à 2017.
Concrètement, un conducteur identifié se voit le plus souvent proposer une amende forfaitaire délictuelle de 300 €. Ce montant est minoré à 250 € en cas de paiement rapide, et majoré à 600 € en cas de retard. Son paiement éteint les poursuites. En cas de renvoi devant le tribunal correctionnel, la peine peut atteindre 3 750 € d'amende et 3 mois d'emprisonnement, avec inscription au casier judiciaire. En cas de récidive dans les 5 ans, l'amende peut monter jusqu'à 7 500 € et la confiscation du véhicule devient obligatoire.
Le juge peut également prononcer des peines complémentaires :
- suspension du permis de conduire pour une durée de 3 ans au plus ;
- annulation du permis, avec interdiction d'en solliciter un nouveau pendant 3 ans ;
- interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur pendant 5 ans au plus ;
- obligation d'accomplir, à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Suspension ou rétention du permis : à partir de quel excès de vitesse ?
Une suspension judiciaire du permis devient possible dès un dépassement de 30 km/h, si l'affaire est portée devant le tribunal de police. Elle s'ajoute alors à l'amende forfaitaire habituelle. Ce cas reste rare en l'absence d'autres infractions ou de contestation.
J'ai été intercepté par la police avec un dépassement de 45 km/h, vais-je perdre mon permis sur-le-champ ?
Oui, à partir de 40 km/h de dépassement, un contrôle avec interception permet une rétention immédiate du permis, pour une durée de 72 heures. Cette rétention est ensuite susceptible d'être suivie d'une suspension administrative décidée par le préfet. Un simple flash par un radar automatique, sans interception physique, n'aurait en revanche jamais permis cette rétention immédiate. Votre situation, avec contrôle sur place, entre bien dans ce cas de figure.
Comment contester une amende pour excès de vitesse ?
Une requête en exonération peut être déposée dans les 45 jours suivant l'envoi de l'avis de contravention. Elle se fait en ligne sur le site de l'ANTAI, ou par courrier adressé à l'officier du ministère public. Passé ce délai, si l'amende est déjà majorée, la démarche devient une réclamation soumise à un délai plus long.
Contester la réalité de l'infraction impose de consigner une somme égale au montant de l'amende forfaitaire. Cette consignation n'est pas un paiement. Elle est intégralement restituée en cas de classement sans suite ou de relaxe, et ne vaut pas reconnaissance des faits. Aucune consignation n'est en revanche exigée si le conducteur se contente de désigner un autre conducteur que lui-même.
Quel impact sur son assurance auto ?
Une contravention pour excès de vitesse n'entraîne pas automatiquement de conséquence sur un contrat d'assurance auto en cours. Un grand excès de vitesse qualifié de délit, en revanche, peut conduire un assureur à augmenter la prime, voire à résilier le contrat à l'échéance.
Un conducteur résilié pour ce motif retrouve généralement une assurance, souvent à un tarif plus élevé. Son profil se rapproche alors de celui d'un conducteur malussé. Si un assureur refuse de garantir la seule responsabilité civile obligatoire, le recours au Bureau central de tarification reste ouvert.
Foire aux questions
Le montant de l'amende dépend-il de la vitesse absolue ou du dépassement ?
Non, la sanction dépend uniquement de l'écart entre la vitesse retenue et la vitesse maximale autorisée à cet endroit. Rouler à 100 km/h sur une route limitée à 80 km/h expose à la même sanction que 160 km/h sur une autoroute à 140 km/h. C'est le dépassement retenu, et non la vitesse absolue, qui détermine le barème applicable.
Un radar automatique peut-il entraîner une suspension immédiate du permis ?
Non, la rétention immédiate du permis suppose une interception physique du véhicule par les forces de l'ordre. Un simple flash par un radar automatique, sans contrôle sur place, ne peut donc jamais donner lieu à une rétention immédiate. L'amende et le retrait de points restent en revanche applicables.
Le délit de grand excès de vitesse s'applique-t-il à une infraction commise avant le 29 décembre 2025 ?
Non, le décret du 22 décembre 2025 fixe son entrée en vigueur au 29 décembre 2025. Un excès de vitesse d'au moins 50 km/h commis avant cette date reste traité selon les règles applicables à l'époque des faits. Seules les infractions constatées à partir de cette date relèvent du nouveau régime délictuel.
Peut-on récupérer les points perdus après un excès de vitesse ?
Oui, un stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu'à 4 points, dans la limite du plafond du permis. En l'absence de nouvelle infraction, les points se reconstituent aussi automatiquement au bout de plusieurs années. Le délai exact varie selon la gravité de l'infraction initiale.
Le retrait de points est-il immédiat après réception de l'avis de contravention ?
Non, le retrait de points n'intervient qu'une fois l'infraction définitivement établie. Cela correspond à la date d'enregistrement du paiement de l'amende, ou à l'expiration des délais de contestation si aucune démarche n'a été engagée. Tant que l'amende n'est ni payée ni définitive, les points restent en théorie sur le permis.
Que devient un permis probatoire après un grand excès de vitesse ?
Un permis probatoire dispose d'un capital initial de 6 points la première année. Un grand excès de vitesse entraînant un retrait de 6 points épuise donc immédiatement ce capital et invalide le permis. Le conducteur doit alors repasser les épreuves du permis, code compris.