Le Fonds de garantie des victimes (FGV) a publié lundi 29 juin son bilan annuel pour l'exercice 2025. Près de 7 500 personnes ont été victimes d'accidents de la route causés par des conducteurs non assurés en France l'an dernier. Si ce chiffre recule de 7,3 % par rapport à 2024, une donnée interpelle : le nombre de décès augmente. Et le phénomène évolue dans ses formes.
7 500 victimes indemnisées, mais 177 morts : le bilan nuancé du FGV
Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO), qui agit depuis 1951, a pris en charge près de 7 500 personnes l'an dernier, blessées dans des accidents impliquant un conducteur en défaut d'assurance ou non identifié. La baisse de 7,3 % par rapport à 2024 est réelle, mais elle masque une hausse du nombre de morts : 177 personnes décédées en 2025, contre 168 en 2024.
"On a un phénomène de la non-assurance qui perdure en France (...) et qui prend des formes nouvelles", résume Julien Rencki, directeur général du FGV. Le fonds, abondé en partie par la communauté des assurés, a versé 132 millions d'euros aux victimes sur l'exercice 2025.
Sur le plan de la prévention, Julien Rencki a salué le renforcement de la détection, notamment grâce à l'interrogation systématique du fichier des véhicules assurés lors de tout excès de vitesse supérieur à 50 km/h. Un dispositif qui permet d'agir avant que l'accident ne survienne.
Une dette qui dure toute une vie pour les responsables non assurés
Le profil des conducteurs non assurés impliqués dans ces accidents est souvent similaire : de jeunes adultes avec peu ou pas de ressources, qui n'ont pas souscrit d'assurance automobile faute de moyens. Mais l'absence de couverture ne les protège pas, elle les expose à des conséquences financières majeures.
Le FGAO se retourne systématiquement contre les responsables pour récupérer les sommes versées. "Les conséquences sont désastreuses pour les auteurs", souligne Julien Rencki : ils doivent rembourser "parfois des centaines de milliers voire des millions d'euros de dommages corporels" et se retrouvent endettés vis-à-vis du fonds toute leur vie.
"C'est évidemment problématique", reconnaît le directeur général, qui appelle "à une réflexion collective, qui concerne les assureurs mais qui concerne aussi les pouvoirs publics sur la manière d'apporter les solutions en particulier pour les jeunes qui vivent en milieu rural". Rappelons que l'assurance en responsabilité civile est obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur. Le défaut d'assurance auto expose à une amende forfaitaire de 750 euros, sans compter le risque d'un endettement à vie en cas d'accident grave.
Les trottinettes électriques : un nouveau front du défaut d'assurance
C'est l'un des signaux forts de ce bilan 2025 : les trottinettes électriques non assurées causent désormais plus de dommages que les motos et scooters dans les accidents non assurés. Le FGAO a pris en charge 818 victimes blessées par ce type d'engin l'an dernier, soit une hausse de près de 8 % en un an.
"Aujourd'hui les trottinettes électriques pèsent plus lourd que les deux-roues (motos, scooters, etc.) dans les accidents non assurés", observe Julien Rencki. Ce constat illustre les "formes nouvelles" du phénomène décrit par le FGV, dans un contexte où l'usage de ces engins de déplacement personnel motorisés continue de progresser dans les villes françaises.
Les propriétaires de trottinettes électriques sont tenus de souscrire une assurance en responsabilité civile. La progression rapide de ces engins impose une vigilance accrue, tant de la part des usagers que des pouvoirs publics.