En France, une voiture disparaît toutes les quatre minutes. Derrière ce chiffre alarmant se cache une mutation profonde du vol automobile : les malfaiteurs privilégient désormais les SUV hybrides et utilisent massivement des techniques électroniques. Le phénomène s'amplifie et se professionnalise, avec des conséquences directes sur le marché de l'occasion et sur les primes d'assurance.

Les SUV hybrides, nouvelle cible prioritaire des voleurs

Longtemps concentrés sur les citadines et les modèles thermiques populaires, les réseaux criminels ciblent désormais les SUV hybrides. Plus chers, plus demandés sur le marché de l'occasion et faciles à écouler à l'étranger, ces véhicules cumulent les atouts pour les trafiquants.

Le mode opératoire a profondément évolué. Aujourd'hui, "90 % des vols se font de manière électronique". Les malfaiteurs exploitent les failles des systèmes d'ouverture et de démarrage sans clé. La technique dite du "mouse jacking" ou du relais permet de capter et d'amplifier le signal de la clé restée à l'intérieur du domicile. Résultat : en quelques secondes, le véhicule démarre sans effraction visible.

Cette sophistication explique en partie la hausse des vols sur des modèles récents, notamment hybrides. Leur forte valeur résiduelle attire les filières organisées. Ces véhicules partent ensuite vers l'Europe de l'Est, l'Afrique du Nord ou sont démontés pour alimenter le marché des pièces détachées.

Pour les assureurs, la tendance pèse lourd. Les sinistres liés au vol augmentent en fréquence et en coût moyen, ce qui oblige les compagnies à adapter leurs critères de tarification et leurs exigences en matière de garanties antivol.

Une voiture volée toutes les quatre minutes

"Une voiture est volée en France toutes les 4 minutes". Ce rythme soutenu traduit une criminalité structurée. Les voleurs agissent rapidement, souvent sans violence ni bris de glace, ce qui complique les enquêtes.

Les grandes agglomérations concentrent une part importante des faits, mais le phénomène touche aussi les zones périurbaines. Les parkings de résidences, les abords de centres commerciaux et les voiries peu surveillées constituent des terrains privilégiés.

Autre évolution marquante : la rapidité de revente. Les véhicules volés disparaissent des radars en quelques heures. Certains quittent le territoire presque immédiatement, transportés dans des camions ou des conteneurs. D'autres sont "reconfigurés" avant d'être remis sur le marché.

Cette pression constante entretient un climat d'inquiétude chez les automobilistes. Elle renforce également l'attention portée aux dispositifs de protection : 

  • alarmes,
  • traqueurs GPS,
  • bloque-volant
  • boîtiers de neutralisation du signal de clé.

Le maquillage des voitures d'occasion, une menace croissante

Au-delà du vol lui-même, les réseaux organisés développent une autre pratique préoccupante : le maquillage de véhicules d'occasion :

  • ils modifient les numéros de série,
  • ils falsifient les documents administratifs,
  • ils changent parfois les plaques d'immatriculation pour donner une apparence légale à une voiture volée.

Ce procédé rend la fraude difficile à détecter. L'acheteur de bonne foi peut acquérir un véhicule signalé volé, puis voir son bien immobilisé à la suite d'un contrôle. Les conséquences financières et juridiques s'avèrent lourdes.

Le marché de l'ocasion, déjà sous tension en raison de la hausse des prix et des délais de livraison sur le neuf, devient ainsi un terrain à risque. Les professionnels recommandent de vérifier systématiquement le numéro VIN, d'examiner l'historique du véhicule et de privilégier des canaux de vente sécurisés.

Face à une criminalité toujours plus technologique, la prévention s'impose. Boîtiers de protection contre les attaques par relais, stationnement dans des lieux sécurisés, dispositifs mécaniques complémentaires : les automobilistes doivent désormais combiner plusieurs niveaux de protection pour réduire leur exposition au risque.



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